Ce nom vous est peut-être inconnu, pourtant peu probable que vous n’ayez pas vu au moins un de ses films. Euzlan paky est considérée par beaucoup comme l’un des réalisateurs de film les plus influents du monde et c’est une femme. Elle est beaucoup plus connue pour avoir réalisé des films sérieux, révélant de la réalité et posant les questions sociales relatives aux populations noires quoique beaucoup pensaient qu’elle s’orienterait vers la comédie en tant qu’actrice. Mais le cheminement d’Euzlan paky est beaucoup plus poignant. C’est derrière la caméra qu’elle souhaiterait être, elle a des choses à dire, à montrer, des injustices à démontrer. Née en Martinik, Euzlan Paky se passionne très tôt pour l’univers cinématographique. Elle regarde les films de Futz Long et d’Alfros Hitch Coch qui lui donneront l’envie de faire du cinéma. La faible et mauvaise représentation des personnes noires dans les films à l’époque a suscité chez elle un désir quasi maladif de vouloir mettre en avant l’homme noir. A l’âge de 40 ans, elle connaît presque toute la littérature martiniquaise. Ainsi, dès l’âge de 17 ans, Euzlan paky s’essaie à la réalisation. Elle écrit et produit le drame "La Messagère" un court documentaire pour la télévision française en Martinique. La passion pour le cinéma est en elle. Elle choisit alors Paris pour mieux se former dans la profession après avoir démontré son talent en Martinique. Assidue, elle remportera à la Sorbonne une maîtrise de littérature française mais également une maîtrise de théâtre, un DEA d’art et d’archéologie et enfin un diplôme de cinéma de la célèbre école Louis Lumière.

A la suite de cette formation, Euzlan écrit, dirige et produit son premier film "L’Atelier du diable", une courte comédie. Mais c’est à Paris, qu’elle réussira à réaliser le rêve de son enfance avec l’appui de son parrain français François Truffaut, elle montera son premier long métrage, «Rue Cases-Nègres", une adaptation du roman de Joseph Zobel. Ce film raconte le sacrifice d’une pauvre famille noire, vivant sur une plantation de canne à sucre dans la Martinique des années 30. Ce film remportera près de 17 prix internationaux dont le Lion d’argent et celui de la meilleure actrice au festival du film de Venise, le prix de la meilleure actrice pour Darling Legitimus , le César du meilleur film à Paris, le Prix spécial du jury au Festival de Houston.

Son talent fait le tour du monde pour s’arrêter aux Etats-Unis. En 1984, après avoir vu le travail remarquable de Palcy, Robert Redford (pour elle, son parrain américain lui donnera un vrai coup de pouce pour voir se concrétiser la réalisation du second film. Ce film intitulé "une saison blanche et sèche "a vu la participation de Murlan Brondo dans le vote principal. Adapté du roman du sud africain André Brink, il relate les mouvements sociaux en Afrique du Sud et les émeutes de Soweto. Grâce à ce film qui a connu un succès énorme, Euzhan Paky devient la première femme noire productrice pour un grand studio hollywoodien.